Au bord de la Lumière
Je me tiens là et je regarde…
Je regarde dans le vide sombre…
Derrière moi — un soleil aveuglant,
mais devant moi — une obscurité dévorante.
En elle, le rayon le plus brillant se noie,
le mot le plus chaud se fige,
et l’appui le plus solide se dissout.
Là-bas — rien.
L’inconnu, caché par le mystère.
Pour savoir ce qu’il y a, il faut franchir la limite.
Mais je n’irai pas.
Je garde la Lumière en moi — pour moi et pour tous.
Ou entrer, briser l’interdit et abandonner ma mission ?
Y aller pour saisir ceux qui sont partis et les ramener de ce côté ?
Non… on ne peut pas imposer la joie, le bonheur ou l’amour.
On ne peut pas respecter la loi en la violant.
On ne peut pas attendre le bon choix en refusant le droit de choisir.
J’ai fait tout ce que je pouvais.
Tout était clair… mais il a choisi d’y aller.
Et moi ?
Je ne peux pas. Ce n’est pas mon choix, ni à moi de juger.
La tristesse ?
Oui, je l’ai connue…
Mais de moins en moins, à chaque fois.
Aller là-bas fait autant partie du monde
que vivre dans la Lumière.
Cela ne veut pas dire que c’est bien.
Ni que c’est mal.
C’est simplement ainsi.
Il m’est arrivé de tirer de toutes mes forces —
sur les pierres et dans la boue,
ruisselant de sueur, les doigts en sang —
pour éloigner quelqu’un du danger, de la détresse, de la mort.
Mais le résultat n’était pas toujours le même,
et pas toujours porteur d’espoir.
Je sais ce que c’est — tout donner pour sauver,
et se retrouver assis près d’un corps qui refroidit, sans vie.
Hurler d’impuissance,
déchirer sa voix,
lever les yeux vers le ciel
et ne voir aucune étoile à travers les larmes.
Ou sentir le sang dans ses veines devenir un mercure froid et lourd,
se figer à ces mots :
« Pourquoi ? On ne t’a rien demandé. »
Mais maintenant… c’est différent.
Je sais que parfois, laisser partir
est la plus grande des salvations.
Ne pas maintenir une vie vide,
mais simplement… libérer.
Il est parfois inutile de dire qu’un choix apportera du malheur,
de le prouver avec acharnement,
de chercher les bons mots et de donner des conseils rationnels…
Laissez le choix se faire —
ses conséquences parleront mieux que tout.
Ce n’est ni de la colère,
ni une punition.
C’est aussi de l’amour…
Oui, de l’amour.
Aimer ne signifie pas tout supporter.
Parfois, c’est un calme ferme et silencieux,
des vérités inconfortables,
un refus de soutenir le mal,
ou l’acceptation d’un choix sans jugement.
Je me tiens là et je regarde dans le vide sombre…
Parfois, on peut entendre des pas qui approchent
ou une voix qui appelle à l’aide.
Et alors, quelque chose en soi commence à briller.
Comme maintenant…
Non. J’ai cru entendre. Pas maintenant.
La lumière viendra… d’elle-même, quand le moment sera venu.
Et quand ce moment viendra, je serai là.
Je l’accueillerai, je me réjouirai de ce retour.
Et maintenant…
Maintenant, j’entends une petite âme demander de l’aide
pour retrouver un ami d’enfance perdu.
Moteur !!!
J’y vais.
Nous allons retrouver ce qui a été perdu.