Chapitre Huit. Aujourd’hui, il y a de la tempête
Aujourd’hui, il y a de la tempête.
Pas assez pour arracher les ancres ou déraciner les arbres — juste un peu trop fort pour se baigner. Mais on peut marcher sur le sable doux, ou entrer dans l’eau fraîche. Les vagues forment une écume légère sur les hauts-fonds, que le vent soulève et jette sur ceux qui passent.
Il la regardait sans détourner les yeux, tandis qu’elle marchait lentement le long de la plage.
Son voile flottait derrière elle, découvrant son corps au soleil et au vent.
Elle regardait la mer, et son visage rayonnait de bonheur et de paix…
Il la connaît depuis très longtemps.
Il connaît tous ses secrets, tous ses désirs. Il sait ce qu’elle a vécu, ce qu’elle a traversé.
Plus d’une fois, il l’a éloignée du danger. Et à chaque fois qu’il exauçait ses demandes, il savait qu’il risquait d’éveiller de l’irritation ou de la colère.
Mais ainsi va le monde : seul le résultat compte, le chemin n’est pas toujours à la hauteur des attentes.
Parfois, il lui semble qu’elle cherche à se nuire elle-même, ou à suivre une voie périlleuse.
Mais que faire ? C’est son choix.
Tant que son âme brille, et que son signal reste clair sur le radar — il peut se contenter d’observer.
Mais dès que cette lumière faiblit — il est temps d’agir.
Il faut comprendre qui ou quoi peut lui nuire, évaluer la force du mal, ses conséquences, comment l’éviter, et si l’aide des Supérieurs est nécessaire.
Parfois, il faut de grands efforts pour réunir en un seul point les effets de centaines d’événements.
Il sait tout cela.
Il y est préparé. Ses réactions sont presque instantanées.
Il est toujours là, tout près.
Elle le sait — et parfois, elle le voit, quand il juge que c’est nécessaire.
Parfois, il faut juste tendre une épaule, ou éclairer le sentier, souffler un peu de chaleur, ou montrer une étoile filante.
Et puis, il redevient un souvenir vaporeux,
effleurant la paume…
avec une plume blanche, légère comme l’air.