Chapitre Quatorze. Le Chemin vers une vie heureuse.
Mais existe-t-il vraiment un chemin ? Certains pensent que oui, d’autres vivent simplement — profitant de tout ce qu’ils voient et possèdent pour leur propre bien.
Tout est arrivé de la manière la plus banale. Un simple défilement sur le réseau — et soudain, elle tombe sur le compte d’un bel homme au large sourire éclatant. Des photos et des vidéos des plus beaux coins du monde — et il y est. Jeune, séduisant, exhibant son corps. Comme elle voudrait être avec lui — et près de lui.
Quelques commentaires admiratifs — et la voilà remarquée. Son attention à ses photos et vidéos commence à la réchauffer. Un léger frisson — comme si le plus beau garçon de la soirée lui faisait un clin d’œil et un signe. Un instant plus tard — il danse déjà devant elle, la prend par la main et l’emmène au centre. Elle cesse de voir les autres. Toute musique devient parfaite à ses côtés. Tout ce qu’il dit a du sens. Tant d’idées intéressantes émanent de ce bel homme ! Il semble sérieux, spirituel, délicat, sage.
Malgré sa jeunesse, il donne des conseils — qu’elle suit sans hésiter. Il est si naturel, si facile à aborder, qu’elle entre sans effort dans son univers. Tout ce qu’elle a connu auparavant lui paraît terne, fade. Elle commence à comprendre combien ses possibilités étaient limitées. Elle pourrait tout quitter, partir en voyage exotique avec une minuscule valise — juste pour flâner dans les ruelles de Marrakech, glisser sur les canaux de Venise ou s’émerveiller devant le Taj Mahal… avec lui.
Mais ici, la routine : vaisselle, linge, sols, pommes de terre. Et cet homme qui lui demande toujours : « Pourquoi autant ? » Son monde est pragmatique et régulier. Il faut tout planifier, ne pas dépasser les limites, surveiller l’heure, regarder les prix — et non pas simplement attraper une jolie robe sur un cintre et payer par carte. Pourquoi se restreindre quand on a des millions ? Et ces explications ennuyeuses, toujours les mêmes, sur pourquoi on ne peut pas dépenser plus. Plus tu dépenses, plus tu gagnes — c’est ainsi que parle l’univers, selon les coachs les plus célèbres.
Dès qu’elle s’apprête à s’envoler, il dit : « Ce mois-ci, nous avons déjà trop dépensé. »
Et elle répond : « Alors, comptons-le sur le revenu futur ! »
Ou : « Utilisons une autre carte ! »
Et lui : « Il n’y a pas de revenu futur. Et l’argent ne pousse pas sur les cartes. »
Avare.
Mais sa main reposait paisiblement dans la paume forte et rugueuse de cet avare — tandis que, derrière la vitre du limousine, défilaient les lumières des vitrines de luxe.